Le sursaut des Lakers
Mais au-delà de la réalité mathématique, de l'avantage du terrain conservé, Boston a raté une énorme occasion d'enfoncer copieusement la tête sous l'eau à son adversaire. Seule la victoire compte, paraît-il. Mais les Celtics ont aussi laissé les Lakers revenir dans la partie et repartir de Boston avec un capital confiance bien plus rempli que quelques instants plus tôt. La faute à une fin de match complètement bâclée qui a bien failli tourner au drame pour les hommes de Doc Rivers. A 95-71 à 7'50" de la fin, l'heure était à la joie et à la décontraction.
L'angoisse suivait un peu plus tard après un incroyable 31-9 passé par les visiteurs soudainement en rythme en l'absence de défense. A 104-102, Paul Pierce trouvait un reste de maîtrise pour arracher deux lancer-francs de plus, les 37e et 38e des Celtics (contre 10 pour les Lakers) et arracher une victoire angoissante, mais le mal était fait. La démonstration s'était presque retournée contre les donneurs de leçon. «Leon Powe a plus de lancer-francs en quinze minutes que toute notre équipe réunie, tonnait Phil Jackson, l'entraîneur des Lakers. C'est ridicule. Complètement invraisemblable...»
Seize passes décisives pour Rondo
Auteur de 21 points en seulement 14 minutes (6 sur 7 aux tirs, 6/9 aux lancer-francs), Leon Powe avait totalisé 18 minutes de jeu lors des six derniers matches. Lancé au feu en raison des fautes rapides d'un Kendrick Perkins handicapé par une entorse de la cheville seulement endormie par une piqure de cortisone, cet intérieur explosif avait fait basculer le match par son énergie contagieuse dans la deuxième période. Dans son sillage, Boston faisait déjà la fête, rythmé par les chants des fans, "Beat L.A, Beat L.A". A l'instar du match 1, la défense de Boston avait une fois encore étouffé le jeu offensif de Los Angeles, et si Kobe Bryant (30 points, 11/23 aux tirs) avait un peu donné l'illusion, cela était loin d'être suffisant pour arrêter la vague blanche et verte des Celtics.
Et puis, Boston a relâché la pression un peu tôt et a presque donné vie au plus invraisemblable comeback de l'histoire des finales. «Je ne dirais pas qu'on a survécu... Mais on n'est pas content de notre intensité en fin de match. On prend la victoire, mais on a aussi appris des choses ce soir», soulignait Kevin Garnett avant de souligner la gigantesque production de Powe et de Rajon Rondo, auteur lui de 16 passes décisives et plus que jamais maître à jouer des Celtics. Longtemps humiliés, les Lakers ont finalement terminé la soirée sur une touche d'espoir. Sauront-ils la faire fructifier mardi au Staples Center, où ils n'ont pas encore connu la défaite en huit matches de play-offs ? «On va ramener cette fin de match à la maison», assurait Bryant.


